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Pourquoi les jeunes adultes convergent-ils vers les montagnes et la mer?

Beaucoup de choses ont été dites sur les milléniaux. Gâtés, paresseux, problèmes avec l’autorité. On nous a également qualifié de la « génération du burnout» par BuzzFeed il y a un an et demi. Étant moi-même un millénial, je peux dire que tout ce qui précède me semble assez logique, sauf la partie gâtée, mais bon !

L’une des tendances qui touche actuellement ma génération me donne de l’eczéma : l’exode urbain. Croyez-moi, ça me stresse au plus haut point de voir tant de mes amis quitter Montréal pour aller vivre une vie paisible loin d’ici.

Qu’est ce qui amène les milléniaux à déménager loin des villes? Que font-ils dans les montagnes? Que font-ils au bord de la mer?

Je me suis donc tourné vers quelques-uns d’entre eux pour comprendre pourquoi ils sacrifiaient leur vie sociale pour une vue sur la montagne ou un océan.

 

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Verdure, marées, @corinne_bergeron

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La médecine au bord de la mer

Au mois d’avril dernier, Nicolas Bouchard et sa copine Corinne Bergeron ont fait leurs boîtes, acheté un chien et pris la route de la Baie des Chaleurs, en Gaspésie. Ces deux jeunes adultes de 24 ans devaient choisir où ils allaient faire leur résidence en médecine… et ils ont choisi la petite municipalité de Maria, au bord de l’eau.

« On pouvait pas mal aller partout… mais disons que dans les régions éloignées, c’était pas mal la plus intéressante, raconte Nicolas. Tout ce qui est seaside, fruits de mer et tout le côté gastronomique qui vient avec cette vibe là, je pense que ça nous a appelé. »

Pour les deux prochaines années, au moins, le jeune couple se réveillera donc au bord de la mer. Un paysage un tantinet différent de ce à quoi ils sont habitués.

«Au début, c’était impressionnant tous les jours… ce qui ne me rentrait pas dans la tête, c’est que je pouvais partir de la job et aller dîner sur la plage, explique Nicolas. Je repensais à ma vie à Montréal, quand je dînais dans le fond du CHUM dans une salle pas de fenêtre. Manger sur la beach, pour moi, c’était le plus gros ‘’oh my god’’.»

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L’apéro, à l’eau. Santé!

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Vivre en Gaspésie ne coûte pas très cher non plus. Outre la location de leur petite maison, Nicolas et Corinne dépensent nettement moins qu’ils le faisaient à Montréal.

« Dans les restos, c’est zéro dépense pis ça me dérange vraiment pas, affirme Nicolas. Je suis tellement content de me faire à manger chez nous et d’aller manger sur mon deck sur le bord de l’eau. Pour ce qui est des activités, la majorité des randonnées qui sont autour d’ici, elles sont gratuites! »

Même s’ils ont tous les deux laissé des amis et de la famille derrière dans la région de Montréal, les deux expatriés ne sont pas à plaindre au niveau de la vie sociale.

« Là où on travaille, il y a une douzaine de jeunes qui sont venus vivre ici dans le même cadre que nous, explique Nicolas. C’est de cette façon que nous nous sommes fait un cercle social.»

« Les gens ici sont plus ouverts à faire des rencontres spontanées, ajoute Corinne. On se promène avec notre chien et c’est pas long qu’on peut jaser et se faire des amis. C’est facile de faire des rencontres ici. »

Les deux Montréalais ne savent toujours pas si Maria deviendra leur patelin à jamais. À 24 ans, ils ont encore beaucoup de temps pour décider s’ils jetteront l’ancre définitivement à quelque part. Mais ils semblent définitivement heureux d’avoir troqué la ville pour le bord de mer.

« On est prêts à se laisser convaincre, c’est ce qu’on dit aux patients qui nous demandent si nous allons rester après nos deux années de résidence. Il reste que pour le moment, nous n’avons connu que la saison estivale. Il reste au moins l’hiver à tester avant de décider si on veut rester à long terme. »

 

Échanger Vancouver pour Squamish

Michel-André Aubin est un Québécois expatrié en Colombie-Britannique depuis 2017. À son arrivée dans l’Ouest, il s’est installé directement à Vancouver, là où l’entreprise pour laquelle il travaillait était basée. Mais il a rapidement réalisé que la vie en ville n’était pas à la hauteur de ses attentes.

Après avoir vécu dans la métropole britanno-colombienne pendant plus d’un an, Michel-André et sa copine ont décidé de déménager à 60 kilomètres de là, dans la magnifique ville de Squamish entre Vancouver et Whistler.

« Au moment où on se parle au téléphone, mon vélo m’attend dans le cabanon. Si je raccroche là, je suis à 15 minutes de coups de pédales du sommet de la plus belle piste de mountain bike, » dit le Québécois d’entrée de jeu au bout du fil.

Évidemment, l’aspect financier est un facteur considérable dans la décision du jeune couple. Ils habitent présentement dans un town house de 3 chambres à coucher pour le même prix que l’appartement à une chambre qu’ils occupaient dans le quartier Kitsilano, à Vancouver. Mais c’est clairement la nature et le sport qui les ont amené à déménager dans les montagnes.

« C’était un leap of faith parce que moi j’avais des contrats en ville et Sophie travaille aussi au centre-ville de Vancouver, mais on ne l’a pas fait pour la job, c’était pour le style de vie. Des gens viennent de l’Europe, de l’Asie, de partout juste pour rider là où on habite. On est dans ce qu’on appelle un bike in, bike out. À côté d’un des plus beaux réseaux de trails au monde. Les grosses équipes de compétition habitent ici. »

Avec des lacs à profusion et une magnifique rivière à proximité, Squamish fait le bonheur des amateurs de plein air. Puis cette ville est située à moins de 40 minutes de Whistler et de ses montagnes parfaites pour le ski et le snowboard.

Sauf que Michel-André est un homme très sociable qui avait l’habitude des 5 à 7 lorsqu’il demeurait à Montréal. Ce changement de style de vie pourrait avoir une incidence sur sa vie sociale…

« En fait c’est l’inverse, raconte-il. J’avais moins de vie sociale en ville. Y’a tellement de jeunes de Vancouver qui viennent s’installer à Squamish pour le style de vie que tisser des liens plus serrés c’est plus facile ici. »

« T’arrives ici, tu rencontres un Québécois qui te présente à sa gang, next thing you know, t’es rendu 15 dans tes soupers. Y’a énormément de Québécois à Squamish, quand tu te promènes à l’épicerie tu entends toujours parler français. Quand tu arrives tout seul dans une grande ville, c’est un peu plus difficile de tisser des liens. »

 

 

Pour Michel-André et sa copine Sophie, le bonheur se trouve clairement à Squamish et il serait surprenant de les voir débarquer en ville de sitôt. Comme on dit : once you go rural, you never go back.