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The Social Dilemma : les conséquences

Temps de lecture : 6 min

Le documentaire The Social Dilemma sur Netflix a frappé comme une tonne de briques. Si bien que plusieurs ont décidé de se retirer des réseaux sociaux pour approfondir leur prise de conscience.

« Si vous ne payez pas pour le produit, c’est que vous êtes le produit. ».

Dès le début du long métrage, cette citation provoque une profonde réflexion. Les géants du web et les annonceurs s’échangent nos informations personnelles comme des cartes Pokémon.

 

 

Le rôle prédominant des réseaux sociaux sur nos vies n’était un secret pour personne. Même que certains diront que ce documentaire arrive plusieurs années trop tard. Nous connaissons tous quelqu’un dans notre entourage qui a décidé, dans les dernières années, de faire un blackout complet de sa présence sur le web. Depuis la sortie du documentaire, cette tendance s’accélère. Et si les gens ne disparaissent pas complètement des réseaux sociaux, ils essaient au moins de trouver des solutions pour consommer avec modération.

Quelles réactions ont provoqué ces grandes révélations? Quelle place prennent réellement les réseaux sociaux dans la vie des jeunes ? Que pouvons-nous faire pour nous sortir de la fosse sans fin des publications et des mentions j’aime?

Instagram : la plateforme incontournable des 18-35

Facebook est peut-être le réseau social avec le plus d’utilisateurs au monde, il n’est pas celui sur lequel les adolescents et les jeunes adultes passent la majorité de leur temps.

Instagram aura 10 ans dans quelques jours à peine, en octobre.

Depuis, l’application est devenue un véritable monstre et compte plus d’un milliard d’utilisateurs actifs mensuels, selon les données colligées par Statista et l’agence Omnicore, 65% des utilisateurs ont entre 18 et 35 ans. Facebook compte encore plus d’utilisateurs (2,6 milliards), mais le pourcentage des interactions y est moindre pour les 18-35.

 

Source : Tribu

Imaginez, chaque jour, plus de 100 millions de photos et vidéos sont publiées sur Instagram… ce qui suscite 4,2 milliards de mentions j’aime QUOTIDIENNEMENT.

Source : Tribu

L’effet addictif

« Je trouvais ça fondamentalement positif, maintenant je ne sais plus trop »

Alex Roetter – ancien vice-président senior de l’ingénierie chez Twitter

« On ne pensait pas au revers de la médaille »

Tim Kendall –  Ancien président de Pinterest – Ancien cadre chez Facebook

Comme l’expliquent les acteurs de l’évolution de nos plateformes favorites, les réseaux sociaux peuvent être à l’origine du meilleur comme du pire. Sans le savoir, ils ont créé une nouvelle forme d’addiction généralisée que nos générations n’ont pas vu venir.

Déjà en 2018, une star de la NBA avait expliqué son retrait des réseaux sociaux dans un article de Bleacher Report. JJ Redick, des Pélicans de la Nouvelle-Orléans, avouait alors être complètement dépendant de son téléphone cellulaire. Pour lui, Twitter était une drogue.

« Ce n’est pas sain pour notre égo, expliquait-il. Ça n’a rien à voir avec la réalité. […] C’est un cercle vicieux de haine, de validation et de tribalisme. Ça fait peur. »

Comme presque chacun d’entre nous, Redick avait son téléphone à la main presqu’en permanence.

« Quand tu es à une lumière rouge en voiture et que ton téléphone est à portée de main, tu le prends. C’est devenu un instinct. Si tu laisses ton téléphone quelque part chez toi, tu sais toujours où il se trouve… c’est devenu une extension de nous-mêmes et ça fait peur ! »

La réalité décrite par Redick il y a deux ans est encore vraie… elle l’est même encore davantage. Il y a quelques semaines, nous vous parlions de la montée en flèche du contenu généré par les utilisateurs sur Instagram, particulièrement dans le monde du skateboard. Les jeunes skaters ne cachaient pas leur envie de récolter des mentions j’aime rapidement.

Votre humble serviteur derrière ces lignes est complètement accro aux notifications Twitter et Instagram. Entre le moment où j’ai commencé mon texte et le moment où j’écris ces mots, je suis allé voir au moins cinq fois si j’avais des notifications sur Instagram.

Opter pour un break

L’une des personnalités canadiennes ayant été particulièrement touchée par The Social Dilemma est la planchiste Annie Guglia.

Très populaire sur toutes les plateformes, Annie s’est sentie interpellée. Elle nous a envoyé ses commentaires.

 « Les trois choses qui m’ont marquées dans le documentaire et qui me rejoignent vraiment sont : 

1. Le système de notifications qui fait que tu deviens dépendant de ton cell sans t’en rendre compte et surtout, sans le vouloir. 

2. Le fait que chaque personne est présentée à des faits différents en ligne, ce qui fait qu’on ne s’entend même plus sur la réalité.

3. Les tactiques pour nous garder en ligne sont puissantes et nous « volent du temps », ce qui nous empêche de vivre une vie épanouissante et d’avoir des relations profondes avec nos proches. »

Le 13 septembre dernier, Annie a donc décidé de ralentir la cadence, spécialement sur ses réseaux sociaux personnels puisqu’elle utilise le web pour promouvoir sa carrière de skateuse professionnelle.

« En gros, je passais tellement de temps à ‘’ travailler ‘’ sur les réseaux (3-6h par jour!) que j’avais pu le temps de faire les choses qui sont réellement productives et/ou qui me rendent heureuse dans la vraie vie. »

Opter pour l’utilisation contrôlée

S’il est toujours bon de rester conscient de ce à quoi on s’expose dans notre utilisation, les réseaux sociaux ne se résument pas à un rabbit hole qui veut nous exploiter, on leur doit aussi de nombreuses actions positives et utilisations pratiques au quotidien.

Kevin Raphael est animateur à la télé et à la radio. Il compte près de 25 000 abonnés sur Instagram et plus de 43 000 abonnés sur Facebook. Après avoir été victime de racisme lors de son embauche à TVA Sports par le biais des réseaux sociaux il y a quelques années, Kevin a décidé d’agir.

« J’ai tout simplement désactivé les notifications. Je fais ce que j’ai à faire et ce que je veux. Si j’ai le goût de publier 10 fois dans une journée, je le fais… mais je ne cherche plus la gratification, je ne cherche plus à plaire sur les réseaux sociaux. »

Kevin se sert donc surtout de sa portée sur les réseaux sociaux pour aider certains organismes. Mais les notifications invasives, c’est terminé!

 

 

Et Kevin n’est pas le seul à avoir adopté cette stratégie. Pour la plupart des gens interrogés (sur les réseaux sociaux, quelle ironie), l’autolimitation est la clé.

Mais les utilisateurs ne sont pas les seuls à devoir faire une réflexion sur leur utilisation des réseaux sociaux. Avec toutes les réactions suscitées par The Social Dilemma, les compagnies devront certainement réévaluer à leur tour leur stratégie marketing sur le web. Parce que même si la responsabilité de notre addiction revient aux géants du web, nous avons le pouvoir de freiner partiellement cette tendance dangereuse.

 

D’ailleurs, nous vous invitons habituellement à nous suivre sur nos réseaux sociaux pour ne rien manquer de nos activités… mais cette fois-ci, nous allons nous garder une petite gêne. Allez plutôt jouer dehors pendant qu’il est encore temps.